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10.2.16

"A DAY WITH MISS N'DIAYE" PAR SELLY RABY KANE



"A day with Miss N'diaye", c'est ainsi que se nomme la dernière collection de la créatrice sénégalaise Selly Raby Kane. Une collection toute en classe et élégance, mêlant volume, fluidité et quelques imprimés. Contrairement à la précédente collection "Alien Cartoon", beaucoup plus arty, la créatrice nous montre tout l'étendue de son talent et éclectisme en signant, une fois n'est pas coutume, une collection très féminine.

Selly Raby Kane n'est pas une illustre inconnue sur la scène de la mode africaine. Dès 2009, elle lance sa première collection et se fait remarquée par son style iconoclaste. Elle fait partie de ses designers inclassables, dont l'univers est riche et qui passe du monde de la mode à l'art en toute aisance.













12.12.15

PANAFRICA, LA MARQUE ETHIQUE ET PANAFRICAINE QUI CARTONNE


PANAFRICA, c'est la petite marque de chaussure éthique et panafricaine qui cartonne du feu de dieu en ce moment sur internet. Avec une campagne de crowdfunding réalisée en 8 heures top chrono sur Ulule et un succès fulgurant lors du dernier salon Who's Next à Paris, Panafrica fait déjà l'unanimité auprès du grand public et des professionnels. Rencontre avec Hugues et Vulfran, les deux jeunes entrepreneurs derrière cette marque.


De gauche à droite : Vulfran, Bouchaib (chef d'atelier) et Hugues

A L'ORIGINE, DES CONVICTIONS
C'est à l'étage d'un Starbucks que je rencontre Vulfran et Hugues, les deux amis d'enfance à l'origine du projet Panafrica. Entre Vulfran le volubile et Hugues le réservé, on peut dire que ces deux-là se complètent bien, malgré des trajectoires professionnelles aux antipodes. En effet, le premier travaillait dans l'urbanisme à Paris et le second dans une start-up basée à Abidjan.
C'est lors d'un retour d'Hugues à Paris, les valises pleines de wax achetés sur le marché d'Adjamé, que les deux amis ont l'idée de créer des chaussures avec du wax. Au bout de 6 mois de réflexions et recherches, ils finissent par plaquer leurs jobs respectifs pour se consacrer totalement à ce projet fou dès avril 2015 : créer une marque de chaussure éthique, engagée et made in Africa, qui s'appelerait PANAFRICA.
"Le nom de la marque nous est venue un peu comme une évidence car notre démarche est panafricaine dans l'esprit. Dès le départ on a voulu tout faire sur le continent : notre tissu vient de Côte d'ivoire, du Ghana et du Nigéria et la confection des chaussures est réalisée au Maroc. Et puis Panafrica, c'est un nom qui se retient bien, avec une signification profonde qui fait sens avec nos convictions."




Avec ses gallons de finition en cuir, l'intérieur doublé également de cuir et une semelle en caoutchouc naturel, les jeunes gens misent sur un produit très qualitatif. "On s'est très vite dirigé vers le Maroc car il existe là-bas un vrai savoir-faire de la chaussure. Par contre, on a pris du temps pour choisir notre atelier car on le voulait suffisamment bien structuré pour répondre à nos besoins, tout en ayant une charte respectueuse des conditions de travail des employés" m'explique Vulfran. 
Cet aspect social et éthique semble très important pour eux, voire non négociable. "Pour nous, il ne pouvait pas en être autrement, car cela correspond à nos convictions profondes dans la vie".  Dans cette même logique, ils lancent en parallèle de leur marque le programme #Walkforschool : pour chaque paire achetée, 8% du bénéfice réalisée sur la paire est reversée à l'association Espoir d'Afrique, pour le financement d'un kit scolaire à un écolier. "Pour cette première année, le programme #walkforschool se fait à Ifangni, au Sud-Est du Bénin. Notre objectif est de pouvoir équiper les 1 800 écoliers des 8 écoles présentes dans cette ville, pour favoriser l'accès à l'éducation."


Cette volonté manifeste d'éthique et de made in Africa s'en ressent même dans la manière dont ils font leur sourcing de tissu wax, en achetant que du wax local. "Le marché du wax en Afrique est aujourd'hui totalement déréglé suite à l'arrivée des wax chinois. Par exemple, pour un wax de la marque Uniwax il faut compter entre 16 000 à 18 000 Francs CFA le complet, alors qu'un wax chinois c'est 6 000 francs CFA, soit 3 fois moins. Que ce soit en RDC, au Ghana ou en Côte d'Ivoire, énormément d'usines locales ont dû mettre la clé sous la porte, faute de ne pouvoir résister à cette concurrence. On se dit qu'en privilégiant l'achat d'un wax produit en Afrique et non en Chine, on peut contribuer même à notre petit niveau à relancer l'activité de ces fournisseurs locaux, donc c'est quelque chose d'important pour nous.", m'explique Hugues.

DES PROBLÉMATIQUES BIEN SPECIFIQUES
Bien au fait des problématiques liées aux contrefaçons chinoises ou la difficulté des économies locales à y survivre, Hugues et Vulfran se retrouvent rapidement devant une nouvelle problématique bien propre au marché du wax et récurrent chez les designers qui utilisent ce tissu : l'approvisionnement dans un tissu wax spécifique. 
"Ce problème s'est vite imposé à nous.", me raconte Hugues. "une fois le prototypage et le choix des tissus arrêtés, du jour au lendemain, nous n'arrivions plus à retrouver certains tissus. Au départ, notre parti-pris était d'utiliser des wax répandus qu'on trouve facilement sur les marchés, pour éviter l'écueil du réapprovisionnement. Mais ce n'était pas suffisant pour sécuriser au maximum cet approvisionnement. La seule solution pour nous était de remonter tout le circuit du wax et de voir dans quelle mesure on pouvait être le déclencheur de la production, quand le tissu n'était plus disponible sur le marché. C'est en remontant le circuit de distribution, qu'on a compris que certains motifs de wax sont parfois la propriété de personnes et parfois de marques (woodin, Uniwax, Da silva). De là, on a pu prendre contact avec eux, pour lancer des productions sur des motifs bien précis."




ENTREPRENDRE EN AFRIQUE, LE PARCOURS DU COMBATTANT? :
Les médias et les professionnels ne s'en cachent pas, l'environnement des affaires en Afrique est réputé difficile. Mais cela ne semble pas vraiment avoir arrêté Hugues et Vulfran."Avant de lancer Panafrica, je travaillais à Abidjan, plus précisément chez Cofina, une initiative panafricaine dédiée au financement des PME", me raconte Hugues. "Cela m'a permit de beaucoup voyager en Afrique de l'ouest, du coup je n'ai jamais eu d'appréhension particulière ou les craintes que généralement beaucoup de gens peuvent avoir. Je sais qu'il y'a des savoirs-faire là-bas et pour moi, l'Afrique est un continent d'entrepreneurs parce que tout le monde a son business. C'est comme s'il existait naturellement une dynamique et un esprit favorable à l'entrepreuneuriat." 

Cela dit, il faut admettre que ce n'est pas le choix de la facilité et les deux acolytes le reconnaissent volontiers. "C'est vrai que ce n'est pas toujours facile. Au début, on a eu énormément de mal à trouver nos fournisseurs. En fait, on s'est rendu compte que les gens ne comprenaient pas vraiment notre démarche. Certains nous disaient " Ah non, on ne sait pas faire" ou " ce genre de chaussures ne se fabrique qu'en Chine" ou encore "Allez plutôt en Asie ce sera beaucoup moins cher". Mais, lorsqu'on a découvert cet artisan qui nous a dit "Ah çà je ne sais pas faire, mais on peut essayer!" on a compris qu'on avait trouvé notre atelier.", raconte Vultran avec le sourire.
Aujourd'hui, leurs problématiques sont surtout d'ordres logistiques,  relatifs en particulier aux délais et au transport. "Comme les échanges intra-africains sont plus faibles que les échanges entre l'Afrique et l'Asie par exemple, il y'a très peu de transporteurs qui font les circuits intra-africains. Dans notre cas, l'acheminement de nos tissus wax de Côte d'Ivoire vers le Maroc s'avère parfois compliqué. Mais pour moi ce ne sont pas des critères bloquants pour entreprendre en Afrique, c'est surtout des paramètres à intégrer à son business. Ce qu'il faut comprendre c'est que de tout manière que ce soit en Europe ou en Afrique, en soit c'est dur d'entreprendre tout court. Cela demande de l'énergie et du courage, et ceci est vrai et valable partout. Faut juste se dire que rien n'est impossible et foncer!"




UN SUCCÈS RAPIDE ET DES PROJETS PLEIN LA TETE :
Foncer, çà ils savent faire. En septembre 2015, ils participent à leur premier tradeshow lors du Who's next Paris, au terme duquel ils rencontrent un accueil positif des acheteurs professionnels. 
Résultat : des pré-commandes d'une quarantaine de points de ventes, dont quelques unes à l'étranger. La success story ne s'arrête pas là, bien au contraire. Pour financer leur première production à destination du grand public, le duo lance fin novembre une campagne de crowfunding pour collecter les pré-commandes. Résultat :En l'espace de 8 heures, ils atteignent leur objectif de 200 pré-commandes soit environ 10 000€. Puis 500 pré-commandes en une semaine.

A la fois surpris et ravis de l'engouement général, Hugues et Vulfran veulent aller encore plus loin. La seconde étape pour eux est de pouvoir créer à moyen terme une chaussure 100% made in Africa. En effet, bien que le wax, le cuir et les lacets de la chaussure proviennent d'Afrique, l'oeillet, la toile de coton et la semelle en plastique proviennent eux d'Europe. 
De même, leur objectif ultime sur le long terme serait de distribuer leurs chaussures sur le marché africain. "Cela ne fait pas sens de s'appeler Panafrica et de vendre uniquement à Paris, Londres ou New-York sans être également présent à Nairobi, Lagos ou Johannesburg. L'Afrique ce n'est pas uniquement un fournisseur, pour nous c'est le marché de demain. On a la réelle volonté d'être présent, avec un prix forcément moins cher pour qu'il puisse correspondre d'avantage au pouvoir d'achat des marchés visés."

Ambitieuse, jolie et accessible, cette marque n'a pas fini de faire parler d'elle!

8.12.15

"COUP DE CLASSE", LA NOUVELLE COLLECTION DE CHRISTIE BROWN


"Coup de classe" c'est ainsi que se nomme la dernière collection automne-hiver  2015 de la marque ghanéenne CHRISTIE BROWN. Mais surtout quel coup d'éclat, tant la collection est d'un raffinement et d'une finesse absolue.  

Aisha Obuobi, la créatrice derrière cette marque de luxe 100% made in Africa, apporte une fois de plus modernité et avant-garde dans la création africaine contemporaine. Cette dernière collection, qui se veut une réinterpréation du vestiaire militaire, mèle les imprimés avec brio : du pieds de poule en passant par les carreaux sans oublier le wax, le mix est subtil et d'une finesse absolue.

Le mot d'ordre : la classe. La classe dans le choix des coupes ultra féminines mettant en exergue des échancrures et de la transparence. La classe dans le travail de chaque pièce, qui est d'une richesse folle : les revers, les empiècements, les fronces, la symétrie quasi géométrique de certaines pièces... une folie visuelle!
On reconnait sans peine la signature phare de la créatrice, avec la réinterprétation de ses fameaux plastrons qui se transforment en poches pour certaines pièces voire en top.

J'en ai les yeux qui pétillent tellement c'est beau, tellement je suis fière de cette créativité africaine longtemps marginalisée et invisible du grand public.  Pourtant, je ne peux m'empêcher d'avoir une grande frustration. 
Oui la mode africaine a le vent en poupe, oui l'industrie de la mode mainstream commence enfin à s'y interresser, oui il y'a de plus en plus de Marketplaces et boutiques en lignes qui se créent. Mais dans cette plétorde de e-shops, pop up stores et autres, quand aura-t-on le plaisir de pouvoir acheter des créations telles que celles de Christie Brown, disponible à ce jour qu' à Accra ou Lagos, ou de manière ponctuelle à la boutique Biffi de Milan?
Aujourd'hui, malgré les avancées significatives que connait cette mode, elle reste encore difficile d'accès en Europe et aux USA. Cet éceueil est l'une des problématiques que connaît ce marché et qui pose de réels enjeux en termes de conquête des marchés internationaux pour ces marques africaines.














4.9.15

UCHAWI - COLLECTION N.0 (CONGO)

Cette rentrée 2015 s'annonce plus qu'excitante! Entre les nouvelles collections et les nouvelles marques qui se lancent, nos industries créatives africaines sont plus qu'en ébullition. Avec sa marque UCHAWI, Laetitia Kandolo entend donner ses lettres de noblesse au savoir-faire africain et promouvoir en particulier le Made in Congo.




Ne vous fiez pas à son jeune âge et à ses airs juvéniles, Laetitia Kandolo n'est pas une newbie dans l'industrie de la mode. Diplômée de la prestigieuse école de mode Esmod, assistante-styliste pour des artistes telles que Rihanna, Lady Gaga ou Beyoncé, la jeune femme a travaillé également pour le webzine Ghubar et est directrice artistique sur de nombreux projets mode. Talentueuse et multidisciplinaire, Laetitia Kandolo ajoute une nouvelle casquette en créant sa marque UCHAWI.

UCHAWI, qui signifie "magie" en Swahili, est une marque éthique de prêt-à-porter féminin, entièrement réalisée au Congo Kinshasa. Défenseur du Made In Africa, la marque ambitionne de créer une chaine de valeur solidaire et sociale autour de son activité. Pour ce faire, elle a noué un partenariat avec l'Institut des Art et Métiers (ISAM) de Kinshasa, afin de promouvoir le savoir-faire local et former à de nouvelles techniques les futurs stylistes et modélistes de demain. D'ailleurs, la première collection capsule a été intégralement confectionnée par les étudiants de cette école, avec la supervision de Laetitia Kandolo elle-même.



Inspirée par ses derniers voyages au Congo, Laetitia Kandolo propose une ré-interprétation du vestiaire militaire à travers 8 pièces fortes, structurées, techniques et travaillées. On remarque les cols hauts et larges, la jupe patineuse en cuir, les fronces sur les chemises-crop-top, le tressage sur la veste, le mélange subtil des matières, avec pour couleurs dominantes : Le kaki, jaune et bleu. C'est méticuleux, élégant, urbain et si riche de détails. 

Ce qui se dégage de cette collection, c'est  à la fois une grande maturité, mais aussi ce sentiment fort que l'état d'esprit véhiculé  est totalement ancré dans la temporalité que nous vivons, à savoir :  celle d'une jeunesse africaine ou issue de la diaspora fière de ses racines, qui a envie de valoriser son continent, sa culture et redéfinir sa propre esthétique.









31.3.15

A CRUSH ON ... FOREIGN COLLECTIONS


Le soleil repointe enfin le bout de son nez : Halleluyah!! La vie est tellement plus belle lorsqu'il fait beau... travailler, faire du sport, se balader... tout semble tellement moins contraignant dans ces conditions!
Avec l'apparition des premières lueurs de soleil, j'ai des envies de bijoux, mais pas n'importe lesquels :  de gros bijoux dorés ou argentés ou des plastrons perlés (comme ici).  

Alors quand j'ai découvert FOREIGN COLLECTIONS , le coup de coeur fut immédiat.
Foreign Collections est une marque de bijoux créée par Martha Diro, la jolie bloggeuse américaine de Heels Avenue . Elle propose une sélection de bracelets et colliers argentés, dorés et cuivrés à l'aspect massif mais toute en élégance. 
Inspirés et fabriqués en Ethiopie, les bijoux sont justes magnifiques!! D'ailleurs, c'est typiquement le genre de bijou qui se suffit à lui-même. Pas besoin de rajouter pléthore d'accessoires supplémentaires, la simplicité est le maître mot : Less is more baby!

Ce qui me plaît surtout, c'est le fait que Martha Diro donne cette possibilité d'entrevoir, de découvrir ou re-découvrir l'orfèvrerie artisanale éthiopienne. J'aime le fait qu'elle puise dans son héritage culturel, le valorise et le partage avec vous et moi.













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