23.2.16

ESMOD TUNISIE LANCE LE CONCOURS "SO WAX" AU CAMEROUN






Esmod Tunisie vient de lancer le concours "So wax" à l'adresse des étudiants ou futurs étudiants du Cameroun, désireux de faire connaître leur talent en matière de création et innovation dans le secteur de la mode.

Pour la première fois, Esmod Tunisie lance un concours pour permettre à des créatifs camerounais de montrer leur talents. Les lauréats gagnent l' accès à la gratuité de la formation "stylisme et modélisme" d'une durée de 3 ans, dispensée par l'école. Le thème choisi pour cette première édition est "So Wax" et tourne donc sur l'utilisation du wax comme matière textile de base.
"Notre première motivation est de renforcer le secteur de la formation aux métiers de la mode en Afrique de l'Ouest, et plus particulièrement au Cameroun. le choix du Cameroun n'est pas fortuit dans la mesure où les camerounais représentent la majorité des étudiants étrangers de l'école et que notre présence y est la plus ancienne, puisque nous nous y déplaçons régulièrement depuis plus de 20 ans.", explique Nabil Rassas, directeur opérationnel d'Esmod Tunisie et l'un des instigateurs du projet.

La formation est l'un des piliers central à développer pour permettre un essor mondial de la mode et de l'industrie textile africaine. Pour Nabil Rassas, la mode représente également un vecteur important de développement économique pour les pays africains à ne pas négliger. "Le secteur de la mode et habillement en Afrique possède un potentiel très important en termes d'emploi et de retombées économiques à l'échelle des pays africains, mais aussi à l'échelle internationale, au vu de la mondialisation du marché de la mode et la forte demande qui existe. L'accès à ce marché dépend en grande partie de la variété, technicité et compétitivité des produits de mode, d'où l'importance cruciale de la formation pour former des professionnels possédant la maîtrise technique nécessaire pour des produits de qualité remplissant des conditions de compétitivité en termes de coût, tout en offrant des produits riches et variés."

Le concours est limité pour le moment au Cameroun, sorte de pays pilote, mais Esmod Tunisie n'exclut pas l'élargissement à d'autres pays dans une seconde phase. Cette initiative est un bel exemple du développement des relations Sud-Sud, dans un domaine ou les pays du Maghreb tels que la Tunisie ou le Maroc possèdent une véritable expertise en matière de confection textile.

Clôture des inscriptions le 5 mars 2016. Pour s'inscrire ou pour obtenir plus d'infos sur le concours : http://www.esmod.com.tn/reglement/ 

15.2.16

LA BONNE ACTION DU JOUR : "TOGO SOUL 70"







Togo Soul 70, c'est le projet documentaire initié par la journaliste-réalisatrice Liz Gomis et Julien Lebrun, fondateur du label Hot Casa Records. Avec sa caméra, Liz va suivre Julien au Togo, pour raconter en image le parcours de fabrication d'une compile de sons rares de groove afro des années 70's. 

Du "digging" (recherche de sons rares dans le jargon), à la recherche des ayant droits, jusqu'à la rencontre des artistes, le documentaire promet de nous retracer tout leur périple.





Ce travail de recherches voire de fouilles minutieuses, limite archéologiques,  est génialissime pour tous les amoureux des sons grooves africains. C'est un travail d'autant plus important, qu'il nous permet de découvrir des pans cachés de notre héritage culturel,  de découvrir des sons de l'époque post-coloniale et finalement d'en apprendre d'avantage sur notre propre culture. 

Le label de julien est également à l'origine de la superbe compile "Ivory Coast Soul", que je vous conseille!  J'ai d'ailleurs utilisé un son de cette compile pour illustrer mon reportage sonore sur arte radio (ici).

Pour soutenir le projet de Liz et Julien, participez à leur campagne de crowdfunding ici : http://www.kisskissbankbank.com/togo-soul-70 




10.2.16

"A DAY WITH MISS N'DIAYE" PAR SELLY RABY KANE



"A day with Miss N'diaye", c'est ainsi que se nomme la dernière collection de la créatrice sénégalaise Selly Raby Kane. Une collection toute en classe et élégance, mêlant volume, fluidité et quelques imprimés. Contrairement à la précédente collection "Alien Cartoon", beaucoup plus arty, la créatrice nous montre tout l'étendue de son talent et éclectisme en signant, une fois n'est pas coutume, une collection très féminine.

Selly Raby Kane n'est pas une illustre inconnue sur la scène de la mode africaine. Dès 2009, elle lance sa première collection et se fait remarquée par son style iconoclaste. Elle fait partie de ses designers inclassables, dont l'univers est riche et qui passe du monde de la mode à l'art en toute aisance.













LA BONNE ACTION DU JOUR : FESTIVAL FILMS FEMMES AFRIQUE







L'association Trait d'union, basée à Dakar, est une association franco-sénégalaise créée en 1990 par des femmes pour les femmes et qui oeuvre pour l' insertion des femmes au Sénégal. 

Cette année, l'association organise la 2ème édition du festival Films Femmes Afrique du 19 au 27 février 2016, autour des thèmes "Femmes et travail" et "Femmes et Emigration". 

L'objectif du festival est de permettre l'accès au plus grand nombre à la projection gratuite de 30 documentaires et fictions, mettant en avant des femmes africaines et ceci dans 10 salles dakaroisesPour soutenir ce beau projet, participez à leur campagne de crowdfunding Ulule ici: http://fr.ulule.com/femmes-afrique/ 



site : http://www.filmsfemmesafrique.com 

9.2.16

NEW YEAR, NEW LIFE





Enfin de retour sur le blog après plusieurs semaines d'absence! J'espère que vous avez passé de très bonnes fêtes et que vous avez bien commencé 2016.  Quand je fais le bilan de 2015, je me dis que c'était quand même assez fou, épanouissant et incroyable, malgré l'année noire que nous avons pu traversé sur le plan national.

2015 c'est Afropunk Paris, Afropunk New York et une immersion dans le monde des sapeurs à Brazzaville.
2015, c'est l'année où j'ai mis plein pied dans le journalisme,  que j'ai commencé à écrire pour différents médias, m'essayer à la radio, à la réalisation de vidéos et même aux chroniques TV.
Rencontrer des gens, discuter avec eux, les écouter et partager un moment de vie... En tout honnêteté, je ne pensais pas que le métier de journaliste freelance me plairait autant. De la manière dont je le pratique et le vis, c'est un pur épanouissement personnel. On me demande sans cesse pourquoi je ne traite que de sujets afros, limite comme si c'était une tare. Ma réponse est inéluctablement la même : c'est un choix, un engagement et une exploration personnelle. Qu'ils soient afros ou non, l'intérêt sociétal et culturel, thèmes universels, n'en demeurent pas moins là et c'est bien cela qu'il faut retenir.

Afropunk NY
Afropunk NY
Brazzaville



Les retours, commentaires et messages que j'ai pu recevoir suite à la publication des articles sur Les "repats" pour Mediapart (à lire ici), "le marché de la beauté noire" pour Madame Figaro (à lire ici), "la perte de la langue natale" pour Arte radio (à écouter ici) ou encore la video "Afropunk Paris" pour Trax Magazine (à voir ici), m'ont beaucoup touché. Cela fait déjà depuis 3 ans que je répète sans cesse sur ce blog que nous vivons une forme de révolution culturelle, sociétale et générationnelle au sein de la diaspora noire. Notre génération, bien plus que celle de nos parents, s'affirme dans tous les pans possible de son être, veut valoriser son héritage culturel, le transcender et contribuer au renouveau du regard porté sur l'Afrique.

Je trouve que l'on vit une période incroyablement riche, car nous nous interrogeons sur nous-même et sur le monde qui nous entoure. Nous développons de nouveaux concepts et débats sur des sujets tels que l'appropriation culturelle, sur c'est quoi être Noir aujourd'hui, afropolitain, afropéén, afro-descandants, afro-féministes etc...  les web-séries "Strolling series" de Cecile Emeke , "Polyglot" d'Amelia Umuhire, qui interrogent sur "the Black Expérience" ou la plateforme "Visiter l'Afrique" de Diane-Audrey Ngako qui donne à voir une nouvelle image de l'Afrique, en sont d'excellents exemples et de belles initiatives. Nous sommes en train de reprendre le contrôle de notre narration et en définissons les contours. C'est comme si nous participions de concert à une énorme et profonde conversation globale et collaborative, car il devient plus que nécessaire que la perspective change.

la mode africaine, avec tous les enjeux qu'elle peut recouvrir, participe également de cette conversation globale. Quand j'ai lancé ce  blog il y'a 5 ans, j'avais envie de partager mon amour pour le tissu wax, qui à l'époque était dévalorisé (cela paraît peu croyable aujourd'hui et pourtant!). Et puis de fil en aiguille, de recherches en recherches, j'ai découvert de nombreux créateurs africains avec une créativité folle mais dont personne ne parlait. Alors j'ai eu envie de leur donner de la visibilité, mettre en avant leur travail. A l'époque, j'étais le premier blog français à parler exclusivement de mode africaine, aujourd'hui il y'en a une ribambelle et c'est génial, car plus il y'a de perspectives et de points de vues meilleur c'est. Au fond de moi, j'ai toujours eu ce rêve fou de transformer le blog en un véritable média. Et ce rêve est en train de devenir réalité!

Comme vous l'avez peut-être déjà lu sur les réseaux sociaux, Nothing But the Wax est lauréat du concours Media Maker et a intégré son incubateur dédié aux start-up média depuis janvier.
Le blog va donc devenir un vrai média dans le courant de l'année. Il ne s'agit donc plus tant de moi, mais de nous maintenant, car ce média va être le vôtre. J'ai envie qu'on construise ensemble le média de nos rêves! 

PS : Dans un prochain post, je vous dis tout de ce qui se passe dans l'incubateur et du projet média, en attendant n'hésitez pas à me faire part des vos envies, questions et avis sur les réseaux sociaux, le blog ou par mail à nothingbutthewax@gmail.com

24.12.15

MAISON UDJUWA, UNE NOUVELLE IDEE DU CHIC PARISIEN





Maison Udjuwa, c'est la toute nouvelle marque parisienne que je viens de découvrir et que j'adore. Avec ses carrés de soie inspirés des motifs typique du pagne lesso ou khanga (pagne emblématique d'Afrique de l'Est), Maison Udjuwa apporte un vent de fraicheur et d'originalité à un monde qui se veut de plus en plus "wax". la marque arrive même à dépoussiérer la sacro-sainte image que l'on pourrait avoir du carré de soie.

Barbara et Siti, toutes deux d'origine comoriennes, sont les jeunes créatrices derrière cette jolie marque créée courant 2015. "Udjuwa veut dire découvrir en Swahili. Siti et moi baignons depuis toujours dans la culture Swahilie, qui est partagée par de nombreux pays d'Afrique de l'Est tels que le Kénya ou la Tanzanie mais aussi dans l'archipel des Comores. ", m'explique Barbara. 
"L'idée de créer notre marque nous est venue naturellement car nous aimons la mode et portons le foulard aussi bien sur la tête, le cou ou à la ceinture. L'objectif était donc de créer une marque à notre image, une marque sur laquelle d'autres personnes pourraient également s'identifier."







"Nous voulions faire découvrir notre double culture swahilie et parisienne, c'est pour cela que nous avons choisi de transposer les motifs d'inspirations Est-africaines sur le carré de soie, symbôle du chic à la française.", raconte Barbara.
Car c'est bien de cela qu'il s'agit : changer la perspective et donner à voir une nouvelle idée du chic parisien, créé par cette génération de jeunes gens aux origines diverses, nées en France et fières de leur double héritage.

Ce qui est très intéressant chez cette marque, c'est sa capacité à allier deux symboles forts : d'une part un héritage culturel fort et d'autre part le carré de soie, tout un monument à lui-seul de la culture française et du mythe de la Parisienne, si présent dans l'imaginaire collectif.

Peut-être sera-t-il difficile de faire troquer les carrés Hermès de nos mères et tantes contre des carrés Udjuwa, mais qu'en sera-t-il de nous? Notre génération qui revendique plus que jamais ses origines, sa double culture? Le temps nous le dira peut-être.









12.12.15

PANAFRICA, LA MARQUE ETHIQUE ET PANAFRICAINE QUI CARTONNE


PANAFRICA, c'est la petite marque de chaussure éthique et panafricaine qui cartonne du feu de dieu en ce moment sur internet. Avec une campagne de crowdfunding réalisée en 8 heures top chrono sur Ulule et un succès fulgurant lors du dernier salon Who's Next à Paris, Panafrica fait déjà l'unanimité auprès du grand public et des professionnels. Rencontre avec Hugues et Vulfran, les deux jeunes entrepreneurs derrière cette marque.


De gauche à droite : Vulfran, Bouchaib (chef d'atelier) et Hugues

A L'ORIGINE, DES CONVICTIONS
C'est à l'étage d'un Starbucks que je rencontre Vulfran et Hugues, les deux amis d'enfance à l'origine du projet Panafrica. Entre Vulfran le volubile et Hugues le réservé, on peut dire que ces deux-là se complètent bien, malgré des trajectoires professionnelles aux antipodes. En effet, le premier travaillait dans l'urbanisme à Paris et le second dans une start-up basée à Abidjan.
C'est lors d'un retour d'Hugues à Paris, les valises pleines de wax achetés sur le marché d'Adjamé, que les deux amis ont l'idée de créer des chaussures avec du wax. Au bout de 6 mois de réflexions et recherches, ils finissent par plaquer leurs jobs respectifs pour se consacrer totalement à ce projet fou dès avril 2015 : créer une marque de chaussure éthique, engagée et made in Africa, qui s'appelerait PANAFRICA.
"Le nom de la marque nous est venue un peu comme une évidence car notre démarche est panafricaine dans l'esprit. Dès le départ on a voulu tout faire sur le continent : notre tissu vient de Côte d'ivoire, du Ghana et du Nigéria et la confection des chaussures est réalisée au Maroc. Et puis Panafrica, c'est un nom qui se retient bien, avec une signification profonde qui fait sens avec nos convictions."




Avec ses gallons de finition en cuir, l'intérieur doublé également de cuir et une semelle en caoutchouc naturel, les jeunes gens misent sur un produit très qualitatif. "On s'est très vite dirigé vers le Maroc car il existe là-bas un vrai savoir-faire de la chaussure. Par contre, on a pris du temps pour choisir notre atelier car on le voulait suffisamment bien structuré pour répondre à nos besoins, tout en ayant une charte respectueuse des conditions de travail des employés" m'explique Vulfran. 
Cet aspect social et éthique semble très important pour eux, voire non négociable. "Pour nous, il ne pouvait pas en être autrement, car cela correspond à nos convictions profondes dans la vie".  Dans cette même logique, ils lancent en parallèle de leur marque le programme #Walkforschool : pour chaque paire achetée, 8% du bénéfice réalisée sur la paire est reversée à l'association Espoir d'Afrique, pour le financement d'un kit scolaire à un écolier. "Pour cette première année, le programme #walkforschool se fait à Ifangni, au Sud-Est du Bénin. Notre objectif est de pouvoir équiper les 1 800 écoliers des 8 écoles présentes dans cette ville, pour favoriser l'accès à l'éducation."


Cette volonté manifeste d'éthique et de made in Africa s'en ressent même dans la manière dont ils font leur sourcing de tissu wax, en achetant que du wax local. "Le marché du wax en Afrique est aujourd'hui totalement déréglé suite à l'arrivée des wax chinois. Par exemple, pour un wax de la marque Uniwax il faut compter entre 16 000 à 18 000 Francs CFA le complet, alors qu'un wax chinois c'est 6 000 francs CFA, soit 3 fois moins. Que ce soit en RDC, au Ghana ou en Côte d'Ivoire, énormément d'usines locales ont dû mettre la clé sous la porte, faute de ne pouvoir résister à cette concurrence. On se dit qu'en privilégiant l'achat d'un wax produit en Afrique et non en Chine, on peut contribuer même à notre petit niveau à relancer l'activité de ces fournisseurs locaux, donc c'est quelque chose d'important pour nous.", m'explique Hugues.

DES PROBLÉMATIQUES BIEN SPECIFIQUES
Bien au fait des problématiques liées aux contrefaçons chinoises ou la difficulté des économies locales à y survivre, Hugues et Vulfran se retrouvent rapidement devant une nouvelle problématique bien propre au marché du wax et récurrent chez les designers qui utilisent ce tissu : l'approvisionnement dans un tissu wax spécifique. 
"Ce problème s'est vite imposé à nous.", me raconte Hugues. "une fois le prototypage et le choix des tissus arrêtés, du jour au lendemain, nous n'arrivions plus à retrouver certains tissus. Au départ, notre parti-pris était d'utiliser des wax répandus qu'on trouve facilement sur les marchés, pour éviter l'écueil du réapprovisionnement. Mais ce n'était pas suffisant pour sécuriser au maximum cet approvisionnement. La seule solution pour nous était de remonter tout le circuit du wax et de voir dans quelle mesure on pouvait être le déclencheur de la production, quand le tissu n'était plus disponible sur le marché. C'est en remontant le circuit de distribution, qu'on a compris que certains motifs de wax sont parfois la propriété de personnes et parfois de marques (woodin, Uniwax, Da silva). De là, on a pu prendre contact avec eux, pour lancer des productions sur des motifs bien précis."




ENTREPRENDRE EN AFRIQUE, LE PARCOURS DU COMBATTANT? :
Les médias et les professionnels ne s'en cachent pas, l'environnement des affaires en Afrique est réputé difficile. Mais cela ne semble pas vraiment avoir arrêté Hugues et Vulfran."Avant de lancer Panafrica, je travaillais à Abidjan, plus précisément chez Cofina, une initiative panafricaine dédiée au financement des PME", me raconte Hugues. "Cela m'a permit de beaucoup voyager en Afrique de l'ouest, du coup je n'ai jamais eu d'appréhension particulière ou les craintes que généralement beaucoup de gens peuvent avoir. Je sais qu'il y'a des savoirs-faire là-bas et pour moi, l'Afrique est un continent d'entrepreneurs parce que tout le monde a son business. C'est comme s'il existait naturellement une dynamique et un esprit favorable à l'entrepreuneuriat." 

Cela dit, il faut admettre que ce n'est pas le choix de la facilité et les deux acolytes le reconnaissent volontiers. "C'est vrai que ce n'est pas toujours facile. Au début, on a eu énormément de mal à trouver nos fournisseurs. En fait, on s'est rendu compte que les gens ne comprenaient pas vraiment notre démarche. Certains nous disaient " Ah non, on ne sait pas faire" ou " ce genre de chaussures ne se fabrique qu'en Chine" ou encore "Allez plutôt en Asie ce sera beaucoup moins cher". Mais, lorsqu'on a découvert cet artisan qui nous a dit "Ah çà je ne sais pas faire, mais on peut essayer!" on a compris qu'on avait trouvé notre atelier.", raconte Vultran avec le sourire.
Aujourd'hui, leurs problématiques sont surtout d'ordres logistiques,  relatifs en particulier aux délais et au transport. "Comme les échanges intra-africains sont plus faibles que les échanges entre l'Afrique et l'Asie par exemple, il y'a très peu de transporteurs qui font les circuits intra-africains. Dans notre cas, l'acheminement de nos tissus wax de Côte d'Ivoire vers le Maroc s'avère parfois compliqué. Mais pour moi ce ne sont pas des critères bloquants pour entreprendre en Afrique, c'est surtout des paramètres à intégrer à son business. Ce qu'il faut comprendre c'est que de tout manière que ce soit en Europe ou en Afrique, en soit c'est dur d'entreprendre tout court. Cela demande de l'énergie et du courage, et ceci est vrai et valable partout. Faut juste se dire que rien n'est impossible et foncer!"




UN SUCCÈS RAPIDE ET DES PROJETS PLEIN LA TETE :
Foncer, çà ils savent faire. En septembre 2015, ils participent à leur premier tradeshow lors du Who's next Paris, au terme duquel ils rencontrent un accueil positif des acheteurs professionnels. 
Résultat : des pré-commandes d'une quarantaine de points de ventes, dont quelques unes à l'étranger. La success story ne s'arrête pas là, bien au contraire. Pour financer leur première production à destination du grand public, le duo lance fin novembre une campagne de crowfunding pour collecter les pré-commandes. Résultat :En l'espace de 8 heures, ils atteignent leur objectif de 200 pré-commandes soit environ 10 000€. Puis 500 pré-commandes en une semaine.

A la fois surpris et ravis de l'engouement général, Hugues et Vulfran veulent aller encore plus loin. La seconde étape pour eux est de pouvoir créer à moyen terme une chaussure 100% made in Africa. En effet, bien que le wax, le cuir et les lacets de la chaussure proviennent d'Afrique, l'oeillet, la toile de coton et la semelle en plastique proviennent eux d'Europe. 
De même, leur objectif ultime sur le long terme serait de distribuer leurs chaussures sur le marché africain. "Cela ne fait pas sens de s'appeler Panafrica et de vendre uniquement à Paris, Londres ou New-York sans être également présent à Nairobi, Lagos ou Johannesburg. L'Afrique ce n'est pas uniquement un fournisseur, pour nous c'est le marché de demain. On a la réelle volonté d'être présent, avec un prix forcément moins cher pour qu'il puisse correspondre d'avantage au pouvoir d'achat des marchés visés."

Ambitieuse, jolie et accessible, cette marque n'a pas fini de faire parler d'elle!

8.12.15

"COUP DE CLASSE", LA NOUVELLE COLLECTION DE CHRISTIE BROWN


"Coup de classe" c'est ainsi que se nomme la dernière collection automne-hiver  2015 de la marque ghanéenne CHRISTIE BROWN. Mais surtout quel coup d'éclat, tant la collection est d'un raffinement et d'une finesse absolue.  

Aisha Obuobi, la créatrice derrière cette marque de luxe 100% made in Africa, apporte une fois de plus modernité et avant-garde dans la création africaine contemporaine. Cette dernière collection, qui se veut une réinterpréation du vestiaire militaire, mèle les imprimés avec brio : du pieds de poule en passant par les carreaux sans oublier le wax, le mix est subtil et d'une finesse absolue.

Le mot d'ordre : la classe. La classe dans le choix des coupes ultra féminines mettant en exergue des échancrures et de la transparence. La classe dans le travail de chaque pièce, qui est d'une richesse folle : les revers, les empiècements, les fronces, la symétrie quasi géométrique de certaines pièces... une folie visuelle!
On reconnait sans peine la signature phare de la créatrice, avec la réinterprétation de ses fameaux plastrons qui se transforment en poches pour certaines pièces voire en top.

J'en ai les yeux qui pétillent tellement c'est beau, tellement je suis fière de cette créativité africaine longtemps marginalisée et invisible du grand public.  Pourtant, je ne peux m'empêcher d'avoir une grande frustration. 
Oui la mode africaine a le vent en poupe, oui l'industrie de la mode mainstream commence enfin à s'y interresser, oui il y'a de plus en plus de Marketplaces et boutiques en lignes qui se créent. Mais dans cette plétorde de e-shops, pop up stores et autres, quand aura-t-on le plaisir de pouvoir acheter des créations telles que celles de Christie Brown, disponible à ce jour qu' à Accra ou Lagos, ou de manière ponctuelle à la boutique Biffi de Milan?
Aujourd'hui, malgré les avancées significatives que connait cette mode, elle reste encore difficile d'accès en Europe et aux USA. Cet éceueil est l'une des problématiques que connaît ce marché et qui pose de réels enjeux en termes de conquête des marchés internationaux pour ces marques africaines.














1.12.15

WAX UP SIGNE UNE COLLABORATION AVEC LA MARQUE ELVETIK



Apparemment il n'y a pas que dans le chocolat que les Suisses excellent, à en juger la jolie collaboration entre la marque d'accessoires afros WAX UP et le distributeur de bottes de pluies ELVETIK.


Connu pour ses portes-bébés, ses écharpes ou encore ses sacs à dos en wax, la marque Wax Up signe un co-branding avec son compatriote suisse Elvetik, un spécialiste de la botte de pluie. Le résultat de cette collaboration :  la naissance de bottes de pluies aux imprimés wax.





L'imprimé wax en question n'a pas été choisi au hasard. "Cet imprimé a été un coup de coeur lors de nos premières rencontres avec le wax. Au Ghana, il se nomme "Nsu Bra" qui veut dire "L'eau vient". Il représente la pluie ou un puit. Parfait pour une botte de pluie non?", me dit d'un ton espiègle Perrine, co-fondatrice de la marque avec Caroline.
Le Ghana, c'est leur pays coup de coeur, le pays dans lequel Caroline a vécu quelques années, où elles produisent toutes leurs collections et font le sourcing de leurs tissus wax. Ferventes défenseurs du "made in Africa", les jeunes femmes revendiquent un tissu wax 100% made in Ghana, en réaction à l'invasion du tissu wax chinois, avec une qualité discutable et source d'une concurrence féroce sur les marchés locaux. "Nous pensons qu'aujourd'hui la qualité du wax chinois n'est plus aussi médiocre qu'elle l'était auparavant, mais ce qui nous révolte le plus, c'est les conséquences de cette importation massive qui a entraîné la fermeture importante d'usines textiles africaines, ne pouvant concurrencer les prix chinois. Nous sommes entrées dans l'univers de la mode pour toucher un plus large public, mais il ne s'agit pas que de tendance ou de wax. Il s'agit surtout d'un état d'esprit, d'une réflexion et une vision plus globale sur notre manière de consommer."



Pourtant, ce n'est pas au Ghana mais en Suisse, au hasard d'une rencontre que l'idée de créer une botte germe dans l'esprit de Perrine. " J'avais connu Elvetik un année plutôt et j'avais totalement flashé sur cette forme unique de botte de pluie au style basket que je n'avais jamais vu auparavant. C'est lors d'un festival une année plus tard, que je suis tombée sur leur stand. J'ai abordé la responsable de la marque et je lui ai émis mon idée d'un graphisme de type "wax", elle m'a dit pourquoi pas et c'est comme cela que l'aventure a démarré."



Pour ce co-branding, la collection de bottes est en édition limitée à 500 paires.
La paire de botte, faite à partir de caoutchouc naturel, existe en un seul coloris (noir/doré), livrée avec 3 paire de lacets (noir, bordeaux et doré).
"Nous avons d'autres prototypes avec d'autres motifs et coloris susceptibles de voir le jour. Seul le public décidera s'il veut en voir d'avantage ou pas et si le modèle plait à notre réseau de distributeurs." 
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...