20.7.15

My Pitti Uomo - Streetstyle


C'était le mois dernier à Florence, je faisais mes premiers pas dans la cour pavée, caillouteuse et dallée du Pitti Uomo, le tradeshow par excellence de la mode masculine internationale. Comme beaucoup, j'ai été biberonnée aux photos streetstyle qui pleuvent sur le net à chaque période de fashion week, avec tous ces hommes "so chic, so class", avec leurs styles si propres, si étudiés, si époustouflants. 



Totalement assiégé par une horde de  photographes et médias à chaque saison, le Pitti Uomo est devenu avec les années le lieu incontournable du streetstyle. Attention, pas la peine de vous tirer à 4 épingles mesdemoiselles, je vous l'assure, les photographes n'ont en que faire de vous. Ce qui les intéressent ce sont les hommes et ces derniers le leur rendent bien. Cintrés dans leurs costumes 3 pièces, sous un soleil caniculaire, ils posent avec beaucoup de naturel devant l'objectif des appareils photos qui les mitraille. c'est un spectacle fou mais qui en vaut le détour.

Aller au Pitti Uomo, c'est : 
- découvrir dans toute sa splendeur l'élégance faite homme
- comprendre enfin la quintessence des 2 expressions suivantes : "Making an impact" et "Show off"
- rencontrer des personnalités qui construisent et déconstruisent à leur guise votre conception même de ce qu'est (ou pourrait être) l'univers du sartorialisme
- et enfin, se rincer les yeux. En même temps, comment ne pas faire autrement avec autant de styles et créativités?

















Credits : Chayet Chiénin

17.7.15

AFROPUNK PARIS.... Just Amazing!!


Heyyyy,
Me revoila enfin sur le blog! Cela va paraître nunuche, mais ça m'avait franchement manqué de ne plus avoir le temps de me poser pour écrire, partager avec vous mes coups de coeur, les nouvelles tendances et autres. Paradoxalement, ces derniers mois correspondent également à une période durant laquelle je n'ai pas arrêter d'écrire, enquêter, interviewer des gens pour différents médias... . Mais me revoila et j'ai tout plein de choses à vous raconter (Afropunk, Pitti Uomo, Sawa Shoes, Geneva Fashion market, etc...), beaucoup de choses en retard, je dirais même que l'on va remonter le temps. Et si l'on commençait par Afropunk?





Afropunk c'était un peu un rêve de jeune fille! J'ai découvert ce festival il y'a 11 ans et depuis je rêve chaque été d'avoir la chance de m'y rendre ou de me retrouver par un heureux hasard à New York, au mois d'août. Cet hasard n'est malheureusement pas encore arrivé.

Par contre, lorsque j'ai su que le festival déposait ses bagages le temps d'un week end à Paris, il fallait absolument que j'assiste à ça. Loin d'être un évènement mainstream, le festival et le mouvement afropunk ne sont malheureusement pas très connus en France. C'est pour cela que l'idée m'est venue de réaliser un vidéo-réportage, pour expliquer ce que représente le mouvement Afropunk, mais aussi capter l'ambiance de cette première édition parisienne. Avec mon équipe de choc (Manon Tarasconi et Datis Balaï), nous avons réalisé notre tout premier court-métrage documentaire et chacun y a clairement mis son talent et sa passion.





Encore un GRAND Merci pour le soutien de tous ceux qui ont liké et partagé notre vidéo. On en est à plus de 20 000 vues au global, ce qui dépasse clairement nos espérances. Je vous laisse voir ou revoir ce premier report vidéo.




L'évènement a fait salle comble, on sentait les gens heureux d'être là et de se rencontrer. Chose étonnante à laquelle je ne m'attendais pas : le nombre de personnes venant de Londres, Amsterdam ou même de Copenhague. Afropunk Paris a si bien marché, que les dates de la seconde édition sont déjà disponibles (4 et 5 juin 2016). Alors, pour les absents de cette année, vous pouvez d'ores et déja bloquer vos agendas!











16.6.15

MEET THE COOL KIDS... FROM PARIS : AMAH AYIVI












Avec son corps longiligne et son style inimitable, Amah ne passe pas vraiment inaperçu. Je le croisais souvent mais sans rien savoir de lui.  
Je me disais "Mais c'est qui ce dandy cool, que je vois toujours au Comptoir?", jusqu'au jour où une amie en commun, nous a enfin fait les présentations d'usage.

Avec Amah on plonge dans l'univers du style, du vintage et surtout de la fripe. Mais il ne s'agit pas de n'importe quelle fripe, bien au contraire il est question d'une fripe en provenance directe d'Afrique. Ravie de vous présenter notre Cool Kid de la semaine : Amah Ayivi.






Peux-tu te présenter en quelques mots?
Je m'appelle Amah, je suis d'origine togolaise et l'un des actionnaires du Comptoir Général. Je suis en charge également du Marché Noir, qui est le département style et mode du Comptoir Général.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur ton parcours?
Je suis né au Togo et je suis arrivé en France à l'âge de 11 ans. J'ai fait des études de commerce, marketing et communication. J'ai été directeur de casting pendant 10 ans puis directeur d'un resto pendant 2 ans et après ça, j'ai atterri au Comptoir par hasard, il y'a quasiment 5 ans maintenant.





Parles-moi du Marché Noir...
J'ai toujours aimé la fringue depuis tout petit. Je chine beaucoup et j'adore la fripe d'où l'idée de monter la friperie Le Marché Noir. 95% des produits qui y sont vendus  proviennent d'Afrique, précisément du Togo. Tu sais, il y'a différentes types de fripes et Les Africains n'aiment pas la même fripe et le même vintage que les Européens. Il arrive que des pièces que l'on va aimer en Europe traînent parfois dans la poussière en Afrique. Du coup, j'ai formé 2 personnes au Togo, pour leur apprendre à identifier les pièces vintage susceptibles de plaire en Europe. Ils font une première sélection et ensuite j'arrive et j'effectue moi-même une deuxième sélection, en faisant le tour des marchés avec eux, puis je ramène en Europe les pièces les plus intéressantes. 
On met un point d'honneur à acheter au prix juste, pour que tout le monde s'y retrouve, car l'idée ce n'est pas de les presser au maximum.

Le marché Noir a beaucoup de caractère dans le sens où nous n'avons pas tout les produits basiques, que l'on peut voir dans les autres friperies parisiennes. J'essaie vraiment de trouver à chaque fois des pièces fortes, différentes,  qu'on ne voit pas ailleurs comme une tunique d'une réserve indienne ou bien des gros colliers de perles des anciens rois africains.
Marquer la difference, faire en sorte que l'on ne s'ennuie pas, avoir des pièces nouvelles qui interpellent... En bref, apporter une proposition différente des autres, c'est ce qui m'anime.

Aujourd'hui, je me sens assez mûr pour aller au delà de la fripe pour carrément proposer des cahiers de tendance, qui vont d'avantage me ressembler en termes de propositions de styles, couleurs, coupes et matières. J'ai vraiment envie de puiser dans l'héritage africain en utilisant par exemple des matières comme le Kente.






J'ai entendu parler d'une collaboration avec Art Comes First...
C'est vrai qu'on est en train de monter une collaboration, mais on ne se met pas la pression car c'est avant tout une rencontre et l'envie de faire quelque chose ensemble. Sam Lambert et Shaka Maidoh sont des artisans tailleurs, moi de mon côté je suis un chineur. Je chine des pièces, je leur montre et on voit comment on peut la re-travailler pour en sortir une nouvelle pièce forte. Il s'agira d'une collection permanente, ce qui veut dire qu'il n'y aura pas de saison et qu'elle sera principalement composée de pièces uniques.


Comment définirais-tu ton propre style?
Je dirais qu'il est basé sur un jeu. Moi j'adore jouer avec les vêtements, mélanger du neuf avec de la fripe. J'ai un style peut-être un peu impertinent : je met ce qui me plaît et j'associe des choses improbables. parfois, il m'arrive d'avoir un style très classique mais toujours avec une touche qui m'est propre. Que cela plaise ou non, je m'en fous en fait.




Qui sont les designers dans la mode Africaine ou inspirés de l'Afrique que t'affectionnes tout particulièrement?
J'aime beaucoup Ozwald Boateng. Au début, il a ramené ses couleurs africaines dans la mode et c'est ce qui a fait sa différence. Dans toutes ses collections, je trouve qu'on retrouve toujours une espèce d'authenticité et de retour aux sources. C'est comme s'il y avait un perpétuel clin d'oeil.J'adore également le designer nigérian Duro Olowu

C'est des mecs comme ça qui me font kiffer car ils sortent du lot, avec des collections réfléchies, des matières brutes voire basiques mais détournées pour faire ressortir un ADN chic. Pour moi, ces designers là proposent  ce que j'appelle une "Afrique chic", c'est-à-dire qu'ils pensent à la fois en termes d'identité mais aussi de chic. 





Cites-moi 3 comptes Instagram que tu suis et que t'aimes tout particulièrement?
@ArtComesFirst : Ils ont un état d'esprit que j'adore et ils ont toujours des petites mises en scènes qui sortent du lot. ils ne se prennent pas en photo pour se prendre en photo, il y'a toujours un truc derrière et c'est çà que j'aime bien. On retrouve aussi leur côté à la fois africain et anglais avec ce truc très décalé et l'humour anglais.

@ChiaraFerragni : Evidemment elle fait beaucoup l'apologie des marques car elle doit être sûrement "arrosée" pour ça, mais  j'aime bien car ses posts sont souvent drôles.

@DapperLou : C'est très sympa, j'aime bien les photos.


Quel est le son que tu écoutes en boucle en ce moment?
En ce moment c'est la guitare touareg du Niger, sur une clé USB qu'un touareg qu'on reçoit souvent au Comptoir m'a filé.


Credits photos : Niklas Nyman
http://www.lecomptoirgeneral.com/marchenoir/ 
Instagram : @Marchenoir_Paris

15.6.15

LE LABO INTERNATIONAL 2015 : une 9ème édition décevante




Cette année devait marquer un tournant, une nouvelle impulsion, un vent nouveau, voire une révélation. Espoirs déçus…


Ne l’appelez plus « Labo Ethnik », son nom est désormais « Labo International fashion & trends ». L’ex Labo Ethnik, sous l’égide de sa fondatrice Yvette Taï,  a décidé de faire peau neuve. Nouveau nom, nouvelle équipe et nouvelle stratégie. Exit le mot « Ethnique »  pour le mot « international »,  exit les précédentes affiches bardées de wax, bazin et autres tissus africains, au profit d’une affiche très épurée, à la charte graphique « Bleu-blanc-rouge », plus consensuelle, uniforme… moins ethnique en somme. Ce ravalement de façade en a surpris plus d’un et moi la première. C’est donc avec curiosité que j’attendais de voir cette nouvelle édition du Labo International, qui marquerait enfin un renouveau après les déboires de l’édition précédente (feedback ici ).

1ère  déception : Une sélection mitigée

Je savais que la grande styliste Sud-africaine Marianne Fassler serait de la partie, mais pour le reste des designers j’avais décidé de le découvrir en live. 
  •  4 designers Sud Africains : Marianne Fassler, Gavin Rajah, Rich Mnisi et Craig Native 
  • 3 designers chinois : Yiyan Zhou, Yiganf Zhong, Yuzhi Wen 
  • 1 designer arménien: Henry Achkoyan 
  • 1 designer belge: Lauranne de Jaegher 
  • 1 designer nigérian: MCMecka. 
Contrairement aux années précédentes où l’on pouvait positionner le Labo comme l’un des acteurs de la mode africaine en France, cette année la programmation plus qu’éclectique annonçait clairement la couleur : Le Labo veut se détacher de cette étiquette « Mode afro ». Je reste bouche bée en lisant la programmation. En soi la sélection n'est pas mauvaise, je dirais même très  qualitative. Mais forcément, moi qui suis une amoureuse, limite une affamée de mode africaine, je ne m'y retrouve pas entièrement dans cette sélection . Mais je me dis Ouf, car il y'a quand même les 4 designers sud Africains et le designer nigérian.

Yvette Taï & Gavin Rajah

Gavin Rajah

Rich Minsi?

Marianne Fassler


2ème déception : l’organisation

  • Il est 19h45, c’est le moment de prendre place pour le lancement des défilés.  Au moment de m’asseoir je suis assez surprise par plusieurs choses : le nombre de sièges qui me paraît insuffisant et le catwalk qui me semble très court… mais bon ce n’est que mon avis. A priori, chacun se place comme il veut, personne pour vous dire où vous mettre. Forcément les places du premier rang sont vites remplies. Problème : Des invités de prestige se retrouvent non seulement sans sièges et encore moins au premier rang… crime de lèse majesté… Je me disais bien qu’il n’y avait pas assez de sièges. Je ne vous raconte pas le malaise! Heureusement, qu’ils avaient des chaises supplémentaires! Il est 20h30, le défilé n'a toujours pas commencé... une attente vraiment interminable.... Ce n'est que vers 21H15 que le premier défilé se lance enfin, suivi d'un discours d' Yvette Taï, suivi à nouveau d'une longue attente pour le second défilé. Les défilés suivants se sont enchaînés sans peine, mais impossible de savoir quels créateurs défilaient. Pas d'annonces et pas d'affichage des noms sur les écrans, qui n'étaient donc là qu'en guise de déco. Les mannequins défilent à une vitesse impressionnante sûrement à cause du retard général mais aussi parce que le catwalk est court. Certaines prennent les virages un peu tard, car elles oublient que ce maudit catwalk est court et nous font des retournées limites acrobatiques. Beaucoup en oublient de marquer un temps d'arrêt devant les photographes qui ne peuvent s'empêcher de rouspéter. Certaines n'ont même pas eu le temps de faire la belle qu'elles sont déjà arrivées au bout de ce catwalk, qui je le répète est bien trop court... Je ne vous raconte pas non plus le malaise à certains moments.
  • Il est dans les 22h la soirée de défilé est finie. Sur le coup je n'en reviens pas. Je reste sur ma faim... quid du designer nigérian McMecka, visiblement absent et que j'attendais avec impatience? quid des designers sud-africains, visiblement noyés dans la masse? De ce défilé je n'aurais retenu que 2 noms, Marianne Fassler et Gavin Rajah, seuls designers annoncés en grande pompe... Leurs créations étaient magnifiques! J'ai aimé également les créations de ce qui me semble être du designer Rich Mnisi...






Le Labo, le début de la fin?
Un vrai questionnement et une remise en question s'impose au vu de cette dernière édition du Labo International. Le Labo fait pourtant figure de pionnière dans le paysage des "African Fashion week", c'est quand même la 9ème année et pourtant de gros soucis d'organisation viennent ternir cet évènement qui aurait pu monter en puissance. Cela fait 3 années consécutives que la stratégie, l'équipe et le nom changent. Ce ne sont pas du tout de bons signaux émis pour le monde extérieur (presse, designers, potentiels investisseurs, partenaires et autres) et qui révèlent de potentiels dysfonctionnements internes à l'organisation. Le Labo semble ne plus vouloir être associée uniquement à la mode africaine, en offrant une sélection de designers plus large. Stratégie d'autant plus étonnante que la mode africaine n'a jamais été aussi en vue et objet d'attention plus grande des professionnels du secteur. Qui plus est, cette stratégie ne va pas au bout de sa démarche, car lorsque l'on jette un coup d'oeil aux exposants venus vendre et non défiler, ils ne proposent principalement que des produits avec beaucoup de wax et d'imprimés africains. De plus, la conférence proposée plutôt dans la journée ne portait , elle aussi, que sur la mode africaine.

De manière générale, lorsque je reviens d'un défilé, j'ai envie de vous parler de mes coups de coeurs, des designers qui m'ont mis les étoiles dans les yeux, le mannequin qui a excellé sur le catwalk et non m'étaler sur des problèmes d'organisation, retard et autre. Ce ne sont que le cadre, le contexte. Ils ne doivent pas empiéter sur le contenu à savoir les designers, leurs créations et leur shows. C'est sensé être leur moment de gloire après tout, non?

J'espère de tout coeur que le Labo pourra se relever, car avec un lieu aussi prestigieux que la Cité de la Mode et du design, un trafic de visiteurs aussi important, des designers de qualités et une ancienneté record dans le monde des salons afros, ce serait un réel gâchis.


Un Mal général et caractérisé
Ce que vit aujourd'hui le Labo, il ne faut pas s'en cacher,  est symptomatique de beaucoup d'autres African Fashion week européennes. En effet, nombre d'entre elles n'en portent que le nom, certaines s'avèrent n'être qu'un simulacre de fashion week. L'année dernière, je m'étais fixée pour objectif d'assister à une bonne partie d'entre elles pour m'en faire un avis objectif. De la Black Fashion week parisienne à l'Africa Fashion day de Berlin, en passant par l'africa fashion week d'Amsterdam, sans parler de l'Africa fashion week de Londres, l'Ethno tendance de Bruxelles etc... Beaucoup d'appelés mais je vous l'assure peu d'élus. Quelle crédibilité donne-t-on à ce secteur pourtant si porteur qu'est la mode africaine? Si, ce marché en lui-même déjà complexe à valoriser monétairement, des salons professionnels n'arrivent pas en donner toute la mesure et la valeur en termes d'image, de professionnalisme et d'excellence, qu'en ressort-il alors en termes d'impacts pour la mode africaine?


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