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5.6.16

POURQUOI JE LANCE UNE CAMPAGNE DE CROWDFUNDING?








Après l'avoir annoncé sur les réseaux sociaux et montré de temps à autre les coulisses de cette préparation, je vous l'annonce officiellement : JE LANCE UNE CAMPAGNE DE CROWDFUNDING SUR ULULE.


Lorsqu'on m'a dit qu'il fallait bien 3 mois de préparation en amont, franchement, je n'y croyais absolument pas. Maintenant que la préparation est finie, donc 2 mois plus tard... Je vous le confirme c'est énormément de travail, mais qu'est-ce que c'était fun, intense et créatif!! Alors, avant de vous dire pourquoi je lance cette campagne de crowdfunding, le plus important est d'abord d'expliquer pourquoi je passe d'un blog personnel à un média en ligne grand public.

Pourquoi passer d'un blog personnel à un média en ligne grand public?
Cela fait 12 ans que je suis et lis assidument la blogosphère noire française et américaine. J'avais 18 ans lorsque j'ai commencé et pour la jeune fille que j'étais, plus que de la simple lecture c'était une mine d'informations, de conseils et une réelle ressource intellectuelle ... "some good food for my soul" comme diraient les Américains. A une époque où il n'y avait vraiment pas de représentation de la femme noire dans l'espace public, dans la presse féminine et les médias traditionnels, qu'est-ce que c'était jouissif de trouver sur internet des forums, des blogs où d'autres jeunes filles exprimaient des sujets qui me concernaient, qui me parlaient et m'interpellaient.  Il y'avait enfin un espace où la femme noire que j'étais se sentait incluse. Cette blogosphère noire française/américaine a joué un rôle central pour beaucoup d'entre nous en termes de représentation et surtout d'estime de soi. Pour moi, sans même s'en rendre compte cette blogosphère noire faisait tout simplement du blogging citoyen, une sorte de contre-pouvoir face à des médias traditionnels dans lesquels nous n'étions définitivement pas incluses.

Je me suis mise à blogguer à mon tour quelques années plus tard. J'étais tombée avec passion et amour dans la marmite du wax, puis de la mode africaine. Ce blog a été mon espace, mon cocon, une facette de mon exploration personnelle sur l'identité, l'africanité, sur la révolution qui se passait au sein de notre génération et sur ce qu'elle disait de nous. Cette exploration intellectuelle m'a accompagné durant toute ces années. Elle a trouvé son point culminant lorsque j'ai décidé de faire du journalisme. Je ne vous dis pas les rires moqueurs de certains, c'était limite si on ne me disait pas "Non, mais Allo? T'es blogueuse et tu veux devenir journaliste?" Comme si nous n'étions régis et définis que par un statut, un rôle, un carcan duquel on ne peut se défaire. Pour moi, le journalisme était surtout un moyen et non une finalité. Un moyen pour raconter des histoires qui me semblaient importantes, des histoires liées à cette jeunesse africaine et de la diaspora qui se réveille, agit et crée ses propres paradigmes, s'affirme à travers la mode africaine, l'art et la beauté. 




Après ma formation de journalisme à la Street School (inscription en cours ici) , j'ai commencé à traîner ma plume à droite à gauche, dans la presse en ligne et papier. Je me suis même essayée à la radio et à la réalisation de documentaire. Ce qui m'importait c'était à chaque fois de choisir le meilleur médium qui mettrait en valeur l'histoire que je voulais raconter (Afropunk paris en vidéo ou "J'ai perdu ma langue" en radio). Chaque article, histoire que j'ai pu écrire ou réaliser pour les médias traditionnels a eu un écho considérable. Je me rendais compte que ce que j'écrivais avait un réel impact sur les gens, il ne s'agissait plus de ma simple exploration personnelle, mais une exploration qui devenait limite d'utilité publique. 
Faire de mon blog un véritable média m'est apparue comme une évidence pour apporter davantage de diversité dans ce paysage médiatique français, pour mettre sur la table de nouvelles perspectives, raconter des histoires qui n'ont pas encore été racontées à travers le prisme de la mode africaine, la beauté noire et la culture afropolitaine. 
Le blog est devenu trop petit, pas assez ergonomique pour ce que je veux faire. Je n'ai pas touché un seul cheveu de son design depuis 2010, autant vous dire qu'il est très old school! Mais au-delà de la forme, le fond ne sera plus vraiment le même car l'idée n'est plus de partager une opinion mais bien de donner de l'information à travers des reportages, des entretiens, portraits etc... faire du journalisme tout simplement.


Pourquoi lancer une campagne de crowdfunding?

Une campagne de crowdfunding c'est quand même l'épreuve du feu : çà passe ou çà casse! Cela dit, c'est pour moi la plus belle manière de vous inclure totalement dans cette nouvelle aventure. 
Lorsque j'ai lancé le blog, j'avais cette impression très "fleur bleue" de jeter des bouteilles à la mer chaque jour où j'écrivais un article. Ce que j'ai mis du temps à saisir, c'est que vous étiez nombreux à aller à la pêche récupérer ces bouteilles. Vos messages, vos mails, votre soutien et votre nombre ne cesse de grandir. MERCI pour tout cet amour! Ce blog a démarré avec vous, la suite ne peut se poursuivre qu'avec vous. Alors si le projet vous plaît, vous intéresse, participez et partagez autour de vous cette campagne. 

Faire une campagne de crowdfunding,  c'est aussi une vrai campagne de communication. C'est à la fois une opportunité et une belle excuse pour aborder la presse et faire parler du projet. Je ne vous en dis pas plus, sachez que la campagne démarre cette semaine et on vous promet de belles surprises, dans une ambiance colorée, ludique, créative et engagée! 

Credits : Adama Anotho

4.6.16

MON RETOUR D'EXPERIENCE SUR L'INCUBATEUR MEDIA MAKER



Il y'a quelques mois, l'incubateur Media Maker prenait fin. Comme une pépinière pour les start-up, le but est d'accompagner des jeunes gens ayant un projet de création d'un média, de l'idée jusqu'à sa réalisation finale. Désignée parmi les lauréats de cette première promotion, aux côtés du Quatre Heures et de BuG Magazine,  j'ai pu bénéficier de cet accompagnement pour lequel je vous fais un feedback.

Media Maker est une initiative lancée par le site d'information Streetpress, qui veut apprendre aux personnes motivées comment créer leur propre média. A l'instar de la Street School, qui forme gratuitement de jeunes gens aux journalisme, Media Maker est en quelque sorte son pendant , en prenant cette fois-ci un nouvel angle : celui du journalisme-entrepreneuriale. 

Avant le démarrage de l'incubation, toute une série de tables rondes a été organisée sur de nombreux thèmes liés au monde des médias. Même si certaines table-rondes ressemblaient à de vrais débats d'experts stricto sensu, ceux-ci avaient quand même l'avantage de donner quelques clés de compréhension des problématiques et enjeux actuels qui ont cours. Bon, j'avoue que certains débats dépassaient parfois le simple cadre de l'état des lieux, pour être de vrais échanges philosophiques voire "journalo-futuristes". Je repense en l'occurence au débat d'anthologie sur le podcast à la gaîté lyrique...  
Un collector!

Après avoir été sélectionnée parmi une centaine d'autres projets, j'ai pu pitcher mon idée devant un jury de professionnels. Ces derniers l'ont désigné à l'unanimité comme lauréat, aux côtés du Quatre heure et de Bug Magazine. Je ne vous raconte pas la joie et l'émotion que j'ai ressenti! C'est une chose de blogger, cela en est une autre de vouloir en faire un média grand public. On a beau croire en la pertinence de son projet, sa faisabilité et viabilité, le fait que qu'il ait été choisi à l'unanimité par les professionnels donne un coup de boost et élève encore plus la confiance en soi.
 Une fois dans l'incubateur, fini le débat philosophique pour rentrer dans le "dur":  Quelle est la ligne éditoriale choisie? A qui le média s'adresse-t-il? pour quel modèle économique? Nous avons rencontré tour à tour des professionnels qui ont jeté un oeil à nos projets et nous ont fait leurs retours d'expériences et donné pas mal de conseils.

De manière générale, l'expérience Média Maker a été riche et intense. Il faut savoir accepter les critiques, prendre aussi du recul et adapter certains conseils à son projet. J'ai appris beaucoup de choses sur un laps de temps assez court,  reçu énormément de feedback et étoffé mon réseau. Pour moi, ce cadre a été très bénéfique pour maturer le projet,  me remettre en question, puis me poser les bonnes questions. L'incubateur m'a permit également de mieux appréhender le secteur de la presse en ligne et de faire évoluer plus vite mon projet. 
Il y'a quelques semaines, je répondais à une interview pour RFI l'atelier des médias, où je donnais déja un premier feedback à écouter ici (mon intervention à partir de 2min57) : http://atelier.rfi.fr/profiles/blogs/media-maker-retour-incubateur-medias-streetpress?context=featured

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous savez déja qu'avec mon équipe nous préparons une campagne de crowdfunding.  Je vous en reparle très très vite!


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